Quelles libertés prédominent

Parmi les libertés fondamentales figure celle d’aller et venir contenue dans l’article 13 de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme.

Je conseillais souvent à mes étudiants, d’apprécier cette liberté qui semblait alors si anodine et évidente. Car Je pensais  à certains pays où il n’était même pas possible de se déplacer librement.

Aujourd’hui nous voilà tous confinés partout dans le monde. L’humanité entière est obligée de se terrer, de renoncer à respirer ce nouvel air  purifié en  ce doux printemps.

Les libertés publiques sont mises à mal. Qui l’eut pensé dans des pays qui prônent le développement des droits humains. Les citoyens d’eux-mêmes se plient à des règles strictes qui empiètent largement sur les libertés si chères à leur cœur : la liberté de se promener librement, de se réunir entre amis, de profiter du soleil en bord de mer, d’écouter de la musique avec des amis, de savourer un bon repas au restaurant, d’aller danser, de faire du shopping, de prendre le temps de flâner, bref de se distraire et de profiter des multiples joies que nous offre la vie.

Face au péril, Les hommes et les femmes ont décidé de se comporter en citoyens responsables.  La conscience des droits et des devoirs aboutit. Le monde s’auto-discipline.Nul besoin de sanctions, hormis pour quelques réfractaires ; un peu plus de 30 000 malgré tout au Maroc… La discipline et l’ordre s’installent progressivement. Il y va de l’intérêt de toutes et de tous. La conformité à la loi, à la règle  de droit n’a jamais été autant  d’actualité.

Mais quelle leçon retiendrons nous si nous sortons vainqueurs du combat contre cet  ennemi implacable et invisible que je ne nommerai pas tant son nom est laid ?

Sachons que les sciences,  le droit, l’économie, la finance, le commerce, l’histoire et l’écologie ne sont pas de vaines notions. Elles  apportent des solutions.  Apprenons à réfléchir, à établir des liens,  à chercher le pourquoi et le comment  des choses de la vie.  Peut être serons nous plus forts avec plus de raison. Cessons de consommer sans limites et sans raisons. Intéressons nous de plus près à notre humanité, au sens profond de notre vie. Apprenons à aimer, à accepter, à comprendre  l’autre quelques soient ses différences. Accordons plus de temps au temps qui passe. Écoutons-nous les uns les autres et laissons de côté cette vanité de certains qui ne mène à rien. Soyons plus humbles face à la vie. Admettons que nous sommes encore dans l’ignorance et que le chemin de la connaissance est devant nous. Faisons confiance à la recherche scientifique.

Rendons nous à l’évidence, le genre humain est fragile où qu’il se trouve dans le monde. Apprenons à respecter notre mère nature. C’est elle qui nous a nourris depuis l’aube des temps et nous nourrira encore dans le futur à condition que l’on prenne soin d’elle. Continuons de  mener le  combat  contre les forces destructrices  de notre planète. Ne baissons pas les bras. Armons-nous de courage. Notre conscience, notre intelligence, notre sens de la communication, sont les armes pour vaincre ces fléaux du monde moderne.

Le droit à la vie reste plus fort que le droit à la liberté.

Yamina Moulay El Mokri

Casablanca le mercredi 15 avril 2020.